Vendredi 17 juillet 2009
Si vous aimez les dés de collection, en voici un que vous trouverez sûrement à votre goût. Il est à gagner sur le blog de Marie-Caroline link
C'est une jolie théière mais n'y faites pas infuser votre thé !

Par phymar - Publié dans : broderie - Communauté : La communauté des brodeuses
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Lundi 13 juillet 2009
- Que m’importe le monde entier, qui ne se composait pour moi que d’une chaumine et d’un champ de fèves que vous ne me rendrez jamais, petit pois vert ! Maintenant, Fleur des pois était sans doute mariée depuis dix ans. Allez, petit pois vert, allez où vous voudrez et produisez ce que vous devez produire à la gloire de votre maitresse, puisque c’en est fait de ma chaumine, de mon champ et de Fleur des pois ! Allez bien loin !
Et il le lança de si grande force que le petit pois vert aurait facilement rattrapé le gros pois chiche, si cela avait été de sa nature. Après quoi, Trésor des fèves tomba par terre d’accablement et de douleur.
Quand il se releva, tout l’aspect de la plaine avait changé. Ce n’était plus qu’une mer  de verdure, de fleurs blanches et violettes comme celles des fèves et roses comme celles des pois, que la brise ondulait et confondait doucement.
Trésor des fèves s’élança car il revoyait tout : le champ agrandi, la chaumine embellie, son père et sa mère vivants qui accouraient auprès de lui, de toute la force de leurs vieilles jambes, pour lui apprendre comment, depuis le jour de son départ, ils n’avaient manqué de recevoir de ses nouvelles tous les soirs, et l’espoir de son retour qui les avait empêchés de mourir.
Trésor des fèves leur donna ses bras pour les accompagner à son palais. Les pauvres vieux s’ébahissaient de plus en plus et il ne put s’empêcher de leur dire :
- Ah si vous aviez vu Fleur des pois ! Mais elle est mariée aujourd’hui !
- Et je suis mariée avec toi, lui dit Fleur des pois en ouvrant la porte du palais. Entrez chez votre fils, c’est un pays d’âme et d’imagination où l’on ne vieillit plus et l’on ne meurt pas.
Il était difficile d’apprendre une meilleure nouvelle à ces pauvres gens.
Les fêtes du mariage s’accomplirent dans la splendeur et les jours passèrent dans le plus parfait amour.
C’est ainsi que finissent les contes de fées…

Par phymar - Publié dans : broderie - Communauté : La communauté des brodeuses
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Dimanche 12 juillet 2009
Son premier soin du lendemain fut de visiter la somptueuse demeure qui avait poussée du petit pois. Il examina son musée de tableaux, ses antiquités, sa bibliothèque dont les livres le charmèrent par le goût délicat de leur choix. Tout ce qu’il y avait de plus exquis dans la littérature et de plus utile dans les sciences s’y trouvait rassemblé pour le plaisir et l’instruction. Des traités innombrables sur l’agriculture, la chasse, la pêche… enfin tout ce qu’on peut désirer savoir.
Pendant qu’il procédait à l’inventaire de ses richesses, Trésor des fèves se sentit frappé par le reflet de son image dans un miroir. Si la glace ne mentait pas, il devait avoir grandi de plus de trois pieds depuis la veille, et la moustache brune qui ombrageait sa lèvre supérieure annonçait qu’il commençait à passer de l’adolescence à la jeunesse. Et à son grand étonnement, il vit sur une pendule qui marquait le quantième des années qu’il avait vieilli de dix ans.
- 10 ans, s’écria-t-il, malheur à moi ! Mes pauvres parents sont peut-être morts de vieillesse,  et de la douleur de ma perte, et sans doute aussi dans le besoin. Je comprends, maudite calèche, que tu fasses bien du chemin car tu dévores bien des jours dans tes minutes. Partez donc, pois chiche, dit-il en le jetant par la fenêtre. Allez si loin qu’on ne vous revois jamais !
Trésor des fèves descendit les marches de marbre plus triste qu’il n’avait jamais été. Il sortit du palais, chemina dans ces plaines incultes, sans prendre garde aux loups. Il marcha, se frappant le front de la main.
Qu’aurait-il à souhaiter maintenant que ses parents n’existaient plus, pleurait-il en retournant machinalement le dernier pois magique dans ses mains ?

Par phymar - Publié dans : broderie - Communauté : La communauté des brodeuses
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Samedi 11 juillet 2009
Le pois chiche était déjà à plus de 15 lieues du champ que Trésor des fèves le cherchait toujours. Le pois chiche filait à la vitesse d’une balle d’arquebuse, les bois, les villes, les montagnes disparaissaient si vite que Trésor des fèves se serait en vain efforcer de les retrouver derrière lui. Trésor des fèves se douta qu’il avait laissé de côté la ville et le marché où il se rendait pour vendre ses fèves. La calèche était partie avant que Fleur des pois n’eût achevé de lui donner sa destination, et surtout de lui dire comment faire pour l’arrêter. Trésor des fèves avait usé de toutes les interjections sans succès, la calèche allait toujours et de plus belle.
- La chienne de calèche, que le diable t’emporte ! cria Trésor des fèves.
Et le diable obéissant ne manqua pas d’emporter la calèche des tropiques aux pôles et des pôles aux tropiques, et de la ramener par tous les cercles de la planète. Mais Trésor des fèves, doué d’une vive intelligence se dit que si Fleur des pois l’avait lancée avec « partez, pois chiche », il suffisait de lancer « arrêtez, pois chiche » en faisant claquer son pouce comme l’avait fait Fleur des pois.
Le pois chiche, en effet , s’arrêta net. Trésor des fèves descendit et ramassa le pois chiche pour le ranger à sa ceinture. Il se trouva au milieu d’une plaine si sèche et si rocailleuse qu’il n’y avait nul gite où se reposer, ni apaiser sa faim et sa soif. Il prit un des pois que lui avait offert Fleur des pois et le sema. Il vit soudain sourdre du sable, un superbe palais en forme de plante de pois qui grandit, s’épanouit, s’arrondit, se garnit de toutes sortes de verreries qui illuminaient l’ensemble. Un tapis se déploya sous ses pieds, bordé de tables et de guéridons garnis de pâtisseries, de fruits, de purée de pois au sucre. Au milieu de toutes cette abondance, Trésor des fèves eut peine à reconnaitre son lit : un matelas de plumes de colibri qui scintillait dans un coin.
Avant de s’abandonner au sommeil, Trésor des fèves fit le tour de sa demeure, sa serfouette à la main afin de s’assurer de la tranquillité des lieux. Soudain il s’arrêta, des yeux luisants l’observait dans lesquels il reconnu le loup couard et affamé qui l’avait escroqué.
- Messire loup, dit Trésor des fèves, n’a pas perdu de temps pour se mettre à ma poursuite ! Il détacha de sa ceinture un second pois magique et sema son contenu. Des murailles épaisses jaillirent du sol, et barrèrent le chemin au museau du loup. Tranquillisé pour la nuit, Trésor des fèves regagna sa couchette de plumes de colibri où il dormit plus heureux qu’un roi.
Par phymar - Publié dans : broderie - Communauté : La communauté des brodeuses
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Vendredi 10 juillet 2009
Fleur des pois frappa le sol du pied et tomba suspendue des deux bras à une tige penchante qui s'inclina et se releva. Elle fixait Trésor des fèves avec un petit sourire, tellement qu'il aurait voulu mourir dans la joie.
- C'est trop vous avoir retenu, lui dit-elle, car je sais que le commerce des fèves est fort affaireux par les temps qui courrent. Ma calèche vous fera regagner le temps perdu.
-Le moindre des bienfaits de Votre Altesse ferait la gloire et le bonheur de ma vie, répondit Trésor des fèves, mais elle ne pense pas que je suis chargé encore de provisions. Je conçois qu'il y aurait moyen de faire entrer votre calèche dans un de mes litrons, mais mes litrons dans votre calèche, c'est impossible !
- Essaie, dit Fleur des pois en riant !
En effet, trésor des fèves n'éprouva aucune difficulté à placer les trois litrons dans la caisse de la voiture. Il en fut fort surpris.
- Je suis prêt à partir, reprit-il en se plaçant lui-même sur un coussin dont l'ampleur lui permettait même de s'allonger. Je dois à la tendresse de mes parents de ne pas leur laisser d'inquiétude sur ce que je suis devenu à notre première séparation. Alors j'abandonne ces lieux avec le regret de vous avoir vue sans espoir de vous revoir.
- Bon ma calèche te conduira, dit-elle. Je te demande si tu seras en peine de retourner chez toi, il suffira que tu retiennes le geste et le mot qui servent à la mettre en route. Dans le porte-manteau, tu trouveras trois étuis en forme de pois verts, tu n'auras plus qu'à les semer en terre pour voir éclore tout ce que tu souhaites. Retiens bien que je n'ai que ces trois pois à t'offrir. Mets-toi en route maintenant !
Fleur des pois fit claquer le pouce de sa main droite sur le doigt du milieu et cria : Partez, pois chiche !
Par phymar - Publié dans : broderie - Communauté : La communauté des brodeuses
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Jeudi 9 juillet 2009
Trésor des fèves se remit en chemin, en cherchant toujours les murailles de la ville. Il commençait à céder à la lassitude quand des cris perçants éveillèrent son attention.
- Qu’est-ce, dit-il la serfouette à la main, parlez, je ne vous vois pas.
- C’est moi, Fleur des pois, répondit une petite voix pleine de douceur, qui vous prie de la délivrer de l’embarras où elle se trouve.
- Eh, madame, je n’ai point coutume de regarder à ce qu’il m’en coûte pour m’obliger ! Vous pouvez disposer de ma fortune et de mon bien, à l’exception de ces trois litrons de fèves qui sont à mes parents, les miens, je les ai donnés à un vénérable hibou, à un saint homme de loup qui prêche comme un ermite, et à une chevrette de montagne. Il ne me reste pas une seule fève à vous offrir.
- Vous vous moquez, reprit fleur des pois, je n’ai que faire de vos fèves. Le service que je vous demande, c’est de mettre le doigt sur le bouton de ma calèche pour en relever la capote.
- Je ne demande pas mieux, s’écria Trésor des fèves mais je ne vois guère l’ombre d’une calèche dans ce sentier. Cependant, je ne mettrai pas longtemps à la découvrir car je vous entends de bien près.
-Eh quoi ! dit-elle en éclatant de rire, vous ne voyez pas ma calèche ! Vous avez failli l’écraser en courant comme un étourdi ! Elle est devant vous, aimable Trésor des fèves, et il est facile de la reconnaitre car elle a l’apparence du pois chiche.
Un coup d’œil suffit à Trésor des fèves pour remarquer un fort gros pois chiche, plus rond qu’une orange et plus jaune qu’un citron, porté sur 4 petites roues d’or. Il se hâta de mettre la main sur le bouton, et la porte s’ouvrit.
Fleur des pois en jaillit comme une graine de balsamine et retomba leste et joyeuse sur ses talons. Trésor des fèves se releva émerveillé devant la beauté de Fleur des pois. Elle avait le minois le plus accompli qu’un peintre puisse inventer, des yeux comme des amandes, une bouche fine et moqueuse qui laissait voir des dents blanches comme albâtre et luisantes comme émail.
La robe courte, un peu flottante, panachée de flammes roses, comme les fleurs qui viennent aux pois, parvenait à peine à la moitié de ses jambes chaussées d'un bas de soie blanc et terminées par des pieds si mignons qu'on ne pouvait les voir sans envier le bonheur du cordonnier qui les chaussait.
- De quoi t'étonnes-tu ? dit Fleur des pois
Trésor des fèves rougit.
- Je m'étonne qu'une belle princesse qui est à peu près de ma taille ait pu tenir dans un pois chiche.
- Sachez, à propos de ma calèche, reprit Fleur des pois, qu'on y voyage très agréablement, et c'est par hasard que je n'y ai pas mon écuyer, mon aumônier, mon gouverneur et deux ou trois de mes suivantes. J'aime me promener seule et ce caprice m'a valu cet incident. Par la faute d'un odieux cri-cri qui s'élança sur la capote de ma voiture et la fit tomber.
- Ne pensez-vous pas qu'il me faut vous accompagner jusqu'en vos terres pour vous mettre à l'abri ?
- Il le faudrait, magnanime Trésor des fèves, si j'étais loin de chez moi, mais voilà un champ où je ne compte que des fidèles sujets.
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Mercredi 8 juillet 2009
Trésor des fèves se remit en chemin, allégé de deux de ses litrons et cherchant du regard les murailles de la ville, quand il s’aperçut, à quelque bruit qui se faisait à la lisière du bois, qu’il devait être suivi de très près. Il s’élança de ce côté, sa serfouette à la main, et bien lui en prit, car le compagnon qui l’escortait n’était autre qu’un vieux loup dont la physionomie ne promettait rien d’honnête.
- C’est donc vous, maligne bête, dit Trésor des fèves, qui me réserviez l’honneur de figurer chez vous au banquet de la vesprée ? Heureusement, ma serfouette a deux dents qui valent bien toutes les vôtres. Tenez-vous le pour dit, mon compère, vous souperez sans moi aujourd’hui. Estimez-vous bienheureux que je ne venge pas sur vous le mari de la chevrette, dont la famille est réduite par votre cruauté à une grande misère.
Le loup qui avait écouté jusqu’alors en toute humilité, partit subitement d’une longue et plaintive exclamation, en levant les yeux au ciel comme pour le prendre à témoin:
- Puissance divine qui m’avez donné la robe des loups, dit-il en sanglotant, vous savez que je n’ai jamais senti dans mon cœur de mauvaises inclinations ! Vous êtes maitre, cependant, Monseigneur,  de disposer de ma triste vie, que je remets à votre merci, sans crainte. Je périrai content de vos mains, s’il vous convient, car je vous ai toujours aimé tendrement et parfaitement honoré, depuis le temps où je vous caressais au berceau quand votre mère n’y était pas. Je vous prie seulement de croire que je n’ai pas trempé mes pattes dans l’assassinat de l’époux de la chevrette, j’étais alors en mission pour répandre les saines doctrines de la morale parmi les tribus de ma communauté et les amener à la pratique d’un régime frugal. Je vous dirais même que l’époux de la chevrette était mon ami, et je ne me console pas de sa mort.
Et le loup pleura du profond de son cœur, ni plus , ni moins que la chevrette.
- Vous me suiviez pourtant, dit Trésor des fèves sans ranger sa serfouette.
- Il est vrai, Monseigneur, répondit le loup, je vous suivais dans le but de vous intéresser à mes vues philosophiques en quelque endroit plus propre à la conversation. Las! Si Monseigneur Trésor des fèves voulait contribuer au plan de réforme que j’ai fait, il suffirait d’un de ces litrons que vous portez pendus à ce bâton pour affriander un table de loups et sauver des générations de chevreaux, chevrettes et biquets.

- C’est le dernier de mes litrons, pensa Trésor des fèves, mais qu’ai-je à faire de bilboquets, rubis et émeraudes. Qu’est-ce qu’un plaisir d’enfant au prix d’une action utile ?
- Voilà ton litron, dit-il au loup en détachant le dernier litron de fèves. C’est le reste de ma fortune mais je n’ai point de regret. Fais-en bon usage comme tu as dit !
Le loup l’emporta d’un trait dans sa tanière.
- Oh, que vous partez vite, dit Trésor des fèves. Oserais-je vous demander si je suis encore loin du monde où ma mère m’envoie ?
- Tu y es depuis longtemps, répondit le loup en riant et tu y resterais mille ans, sans voir autre chose que ce que tu as vu.


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Mardi 7 juillet 2009
Une fois n'est pas coutume, je vous montre un encours.
Il s'agit du petit livre que j'ai commencé sur l'inspiration de Passion Fils n°2.
Et curieusement, ma petite-fille me laisse broder cet ouvrage ...
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Mardi 7 juillet 2009
Ce serait merveille que vous me reconnaissiez, répliqua le hibou, car je ne vous ai obligé qu’à votre insu, comme doit faire un hibou délicat, modeste et homme de bien, en mangeant un à un, à mes risques et périls, les canailles de rats qui grignotaient la moitié de votre récolte. Et c’est ce qui fait que votre champ rapporte aujourd’hui de quoi acheter quelque part un joli royaume, si vous savez-vous contenter. Quant à moi, victime malheureuse et désintéressée du dévouement, je n’ai pas un misérable rat maigre pour mes bons jours, mes yeux s’étant tellement affaiblis à votre service, que j’ai peine à me diriger, même de nuit.
Je vous appelais donc, généreux Trésor des fèves, pour vous prier de m’octroyer un de ces bons litrons de fèves que  vous portez pendu à votre bâton, et qui suffirait à soutenir ma triste existence.
- Ceci, Mr hibou, est la dette de la reconnaissance, dit Trésor des fèves en détachant un des 3 litrons de fèves, et j’ai plaisir à l’acquitter.
Le hibou battit des ailes, saisit le paquet des ses serres et l’emporta sur son arbre.
- Oh  ! Que vous repartez vite ! reprit Trésor des fèves. Oserais-je vous demander si je suis encore loin du monde où ma mère m’envoie ?
- Vous y entrez, mon ami, dit le hibou.
Trésor des fèves se remit en chemin, allégé d’un de ses litrons, mais il n’avait pas fait cent pas qu’il s’entendit appeler encore.
- Béééééééééééé ! Arrêtez, Mr Trésor des fèves, on vous en prie.
- Je crois reconnaitre cette voix, dit Trésor des fèves en se retournant. Eh oui ! C’est cette mièvre effrontée de chevrette de montagne, qui rôdait autour de mon champ. Vous voilà donc, Mme la maraudeuse !
- Que dites-vous de marauder, joli Trésor ! Ah ! Vos haies étaient si bien épaisses, vos fossés bien trop profonds ! Tout ce qu’on pouvait faire était de tondre le bout de quelques feuilles, au grand bénéfice des pieds.
- Voilà qui suffit, dit Trésor des fèves, et le mal que je vous ai souhaité puisse-t-il m’advenir incontinent ! Mais que saurais-je faire qui vous fût à gré, dame chevrette ?
-Hélas, répondit-elle, en versant de grosses larmes, c’est pour vous dire qu’un méchant loup a mangé mon mari et que nous sommes en grande misère, ma biquette et moi, depuis qu’il ne va plus fourrager pour nous, et que nous sommes en danger de mourir de faim si vous ne nous portez pas d’aide. Noble Trésor, je vous prie de nous faire la charité d’un de ces litrons de fèves que vous portez pendus à votre bâton.
- Ceci dame chevrette est une œuvre de bienfaisance et de compassion, dit Trésor de fèves en lui tendant un de ses deux litrons.
La chevrette le happa au passage et d’un bond disparut.
- Oh que vous partez vite ! dit Trésor des fèves. Oserais-je vous demander si je suis encore loin du monde où ma mère m’envoie ?

- Vous y êtes déjà, cria la chevrette en s’enfonçant dans les broussailles.
Par phymar - Publié dans : broderie - Communauté : La communauté des brodeuses
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Lundi 6 juillet 2009
Voilà qui est bien, dit Trésor des fèves en la regardant d’un air étonné; mais où donc m’envoyez-vous ?
La vieille s’assit sur une escabelle qui était là, et les deux mains sur ses genoux :
- Dans le monde, mon petit Trésor, répondit-elle ! Tu n’as jamais vu que nous et deux ou trois méchants auxquels tu vends tes fèves pour fournir aux dépenses de la maisonnée, digne fils que tu es; et comme tu dois être un jour un grand monsieur, si le prix des fèves te soutient, il est bon, mon mignon, que tu fasses des connaissances dans la belle société. Il faut te dire qu’il y a une grande ville, à 3 lieues d’ici, où l’on rencontre à chaque pas des seigneurs en habit d’or et des dames en robes d’argent, avec des bouquets de roses tout autour. Ta jolie mine si gracieuse et si éveillée ne manquera pas de les frapper d’admiration; et je serai bien trompée si tu passes les jours sans obtenir quelque profession honorable où l’on gagne beaucoup d’argent sans travailler. Mange donc, mon mignon, de ce brouet au miel.
-Comme tu connais mieux la valeur des fèves que celle de la monnaie, continua la vieille, tu vendras au marché ces six litrons de fèves. Je n’en ai pas mis davantage pour ne pas te charger, avec cela les fèves sont si chères aujourd’hui, que tu serais bien empêché d’en rapporter le prix, quand on te paierait tout en or. Aussi nous entendons, ton père et moi, que tu en emploieras  moitié à t’ébaudir honnêtement, comme il convient à ton âge, ou en achat de quelques joyaux bien ouvrés, tels que montres d’argent à breloques de rubis ou d’émeraudes, bilboquets d’ivoire et toupies de Nuremberg. Le reste du montant, tu le verseras à la caisse.
Pars donc, mon petit Trésor, puisque tu as fini ton brouet, et avise de ne pas t’attarder en courant après les papillons, car nous mourrions de douleur si tu ne rentrais pas avant la nuit. Garde aussi les chemins battus, crainte des loups.
- Vous serez obéie, ma mère, dit Trésor des fèves en embrassant la vieille, quoique j’aimasse mieux pour mon plaisir passer la journée au champ. Quant aux loups, je n’en ai cure avec ma serfouette. Disant cela, il pendit hardiment sa serfouette à sa ceinture et partit d’un pas assuré.
- Reviens de bonne heure, lui cria la vieille qui regrettait déjà de l’avoir laissé partir.
Trésor des fèves marcha, marcha, faisant des enjambées comme un homme de cinq pieds, regardant de-ci de-là les choses d’apparence inconnue qui se trouvait sur son chemin, car il n’avait jamais pensé que la terre fût si grande et si curieuse.
Cependant, quand il eut marché plus d’une heure, et comme il s’étonnait de n’être pas encore rendu à la ville, il lui sembla qu’on le récriait :
- Bou, bou, bou, arrêtez monsieur Trésor des fèves !
- Qui m’appelle ? dit Trésor des fèves en mettant sa main sur sa serfouette.
- De grâce, arrêtez-vous, c’est moi qui vous parle !
- Est-il vrai, maitre hibou ? dit Trésor des fèves, qu’avons-nous à démêler ensemble ?


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